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Anxiété sociale : la peur de l'autre

5 clés de communication pour surmonter l'anxiété sociale suite au coronavirus

[article paru également dans le magazine Psychologies le 14 mai 2020]

La pandémie due au coronavirus et le confinement ont été une épreuve pour tous.

Comment ne plus se serrer dans les bras, se toucher les mains, les joues, se rendre visite, faire vivre ces liens humains si indispensables sans lesquels nous ne sommes plus rien ? Les études scientifiques (notamment dans Science et Sciences Humaines), montrent qu’isoler quelqu’un et le mettre à l’écart du monde et de ses proches, c’est le priver des liens sociaux qui lui font du bien, c’est le rendre malade.

L’isolement augmenterait le risque de mourir

Le climat social, plus anxiogène que d’habitude, dû à la situation de déconfinement, accentue la détresse psychologique dans la rue, au travail et avec les autres. Cette détresse s’accompagne de peurs multiples et de comportements irrationnels.

  • La peur que l’autre me contamine.
  • La peur que l’autre me croit suspect de porter le virus
  • La peur que l’autre me rejette dès que j’ai une toux de printemps

Nous nous trouvons dans le même état qu’au magasin quand le vigile nous regarde d’un air soupçonneux alors que nous choisissons un produit, nous faisant sentir coupable de vol au moment de sortir. Car c’est bien ce que l’on apprend aux agents de sécurité : l’autre est un suspect potentiel. Par son attitude de méfiance, notre culpabilité se pointe à la vitesse de la lumière.

Nous devenons coupables de tout sans avoir rien fait.

La pandémie de la peur et de la culpabilité entraine donc un climat de suspicion : on se met à craindre l’autre. L’autre est louche, il devient l’intrus, le pestiféré. Accentuant l’isolement.

Avec cette pandémie, arrivent un climat de délation (ainsi ce voisin qui met ses chaussures dans le hall d’entrée commun de l’immeuble), un climat d’obéissance (qui nous ferait retourner illico au confinement), un climat de surveillance.

La peur de l’autre est cent fois plus dangereuse que le minuscule microbe.

Dans la file d’attente de la boulangerie, du supermarché, nous sommes éloignés des autres, le regard fuyant. Nous sommes perdus dans le vide, hagards, dans un état de sidération somnolente. Avec les masques on ne parvient plus à lire le visage de notre interlocuteur, on n’échange plus de sourire. On ne comprend pas ce qu’il nous dit, les phrases arrivent à nos oreilles comme de lointains échos. Chacun est confiné dans sa caverne intérieure dont la porte d’entrée est le masque.

Le climat de surveillance qui s’est installé nous pousserait presque à dénoncer un suspect que l’on croit contaminé. De simples citoyens, nous pourrions devenir vigiles les uns des autres. Nous introduisant dans un système global de surveillance dont nous serions les marionnettes.

L’histoire nous a hélas montré que face à la peur, on accuse l’autre, le voisin, ce collègue de porter le microbe. L’autre, notre ami la semaine dernière, est devenu responsable d’apporter le virus de là-bas à ici. Du nord du département vers le sud.

Soyons sérieux.

Notre mission d’être humain est d’observer le processus qui se passe sous nos yeux, d’avoir un œil avisé sur la situation, de ne pas croire n’importe qui et n’importe quoi

Sodidarité : ne laissons pas s’enfuir l’humanité et le bon sens qui sommeillent en nous.

3 pièges principaux qui conduisent à des comportements irrationnels et à davantage d’isolement

  • Laisser courir son imagination et croire n’importe quelle information
  • Penser « je suis en danger » et se laisser envahir par des pensées toxiques
  • Avoir l’attitude réflexe d’accuser l’autre

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De même qu’un roc solide n’est pas ébranlé par le vent, ainsi le sage n’est pas agité par la peur

  • Vérifier ses sources d’informations: il y a un siècle l’accès à l’information était inexistant. L’on croyait alors à la rumeur, ou à celui qui avait suffisamment de conviction. Nous devons croiser les sources des informations que nous lisons, que nous voyons et nous faire notre propre opinion. Avec notre bon sens, nous devons questionner si ce à quoi nous adhérons est juste.
  • Observer la tyrannie de la peur et comprendre qu’elle crée l’anxiété : lorsque nous avons perdu confiance, songeons au fantastique potentiel de l’être humain qui ne demande qu’à croître et soyons heureux de posséder un tel trésor
  • Inspirer le silence et la paix pour expirer le chaos qui nous habite afin de retrouver le lien avec les autres. Préserver sa santé mentale et celles des autres avec des techniques de méditation et de respiration.
  • Connaître la vulnérabilité de l’autre et la sienne: repérer les émotions qui nous traversent afin de relativiser. Lorsqu’il y a des temps troublés, savoir que deux comportements de peur se distinguent : l’émotif qui est en mode combattant et agressif (il peut devenir accusateur), et le frileux qui porte une armure de protection (il s’isole). Ne nous laissons pas diriger par ces comportements extrêmes en les comprenant comme étant des manifestations de la peur. 
  • Utiliser le regard compassionnel en croisant le regard de l’autre : regarder l’autre avec empathie permet de maintenir le lien, de nourrir l’identité et de se sentir exister. Cette communication d’humain à humain donne de la réassurance et de l’espérance.

La haine, la violence et la peur ne peuvent être neutralisées et guéries que par la compassion
Thich Nhat Hanh