Mes 8 mots pour 2022

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Liberté

Combien de fois je me suis demandé depuis 2 ans, ce sera mieux après la pandémie ou après cela. Dans 3 mois, tout reviendra à la normale. Vous savez quand vous espérez une chose et qu’elle n’arrive jamais ? Alors les attentes c’est bien, mais cela peut nous priver de notre liberté. Je préfère me dire j’ai confiance et je prends ce qui est là, en m’efforçant de faire ressortir toujours le meilleur de la situation. La liberté c’est n’avoir aucune attente et vivre en maintenant un haut niveau d’énergie.  J’aime la poésie de Pablo Neruda : « il meurt lentement celui qui ne risque pas, qui devient esclave et qui évite la passion ». La relire me donne de la force.
« Soyez libre là où vous êtes » Thich Nhat Hanh

Détermination

Dans l’exercice que j’aime pratiquer « le voyage du héros » se trouve le dragon en travers de notre chemin, tel l’obstacle qui empêche d’avancer. Si bien que nous n’osons pas nous aventurer au-delà, et nous restons figés. Cette attitude attentiste est un piège. Trop de personnes se concentrent sur l’obstacle, en voulant des garanties et de la sécurité, sans se donner la chance d’aller voir plus loin ou de faire un pas de côté, par peur du danger. Etre un « héros », c’est être déterminé à affronter le dragon, à trouver des guides, à se transformer. A mon sens, la détermination c’est aller voir plus loin malgré l’obstacle, ce qui est un atout dans ce monde d’incertitude.
« Connaître et penser, ce n'est pas arriver à une vérité absolument certaine, c'est dialoguer avec l'incertitude ». Edgar Morin

Patience 

Dans ce monde de contrôle, de vérifications, de règlementation et de normalisation, il arrive que je perde le peu de patience qu’il me reste. Or je constate qu’on dépense tellement d’énergie à vouloir absolument tout contrôler, pour être parfait ou simplement pour survivre à une situation intenable. Si bien qu’il ne reste plus vraiment de vie à l’intérieur de soi. J’aime dessiner 2 cercles : dans celui de droite je mets ce que je peux contrôler, et dans l’autre tout ce que je ne peux pas contrôler. Puis je porte mon attention sur celui de droite. Je ne réussis pas toujours cet exercice car il demande une discipline de mon esprit. Mais quand je cultive la patience, je m’aperçois qu’au final, je dois m’occuper de mes pensées, de mes affects, et de mes actions. 
« La patience a beaucoup plus de pouvoir que la force » Plutarque

Douceur

Voilà un mot qui depuis 3 ans avec les mouvements sociaux, puis avec le covid, a perdu de sa résonnance. Je me suis longtemps demandé comment arriver à être heureuse dans un monde aussi dur et brutal. C’est un défi au quotidien de vivre avec une réalité incontrôlable, parfois insupportable, si bien que beaucoup préfèrent oublier pour se protéger. Je crois que la douceur, tout comme la beauté, sauveront le monde. Relire de la poésie, se laisser inspirer par une peinture de Sisley, écouter une sonate, ou caresser un chat donnent énormément de bonheur. Changer de focus sur sa manière de regarder la vie puis amplifier tout instant de douceur. La dernière fois que je l’ai fait était le jour de Noël, où j’ai tenu un bébé dans mes bras.
« La douceur est invincible, si elle est véritable »  Marc Aurèle

Calme 

Dans cette crise, nous sommes assaillis d’informations contradictoires, souvent parce que nos filtres de perception déforment la réalité. Je comprends que si je crains la maladie, mon cerveau va attraper toutes les informations qui vont nourrir cette peur. De même si je crains les autres, mon cerveau va réunir toutes les informations qui mettent ces autres en défaut. La peur fait apparaitre ma réalité. Avec le matraquage des médias, la confusion émotionnelle, les images chocs, la désinformation, je comprends que cela entraine un climat d’insécurité tel qu’il peut finir par nous rendre malade. De même, j’utilise l’esprit critique pour ne pas consommer n’importe quelle information. Retrouver le calme intérieur face à la peur est une attitude que je cultive chaque jour.
« Le vrai calme est celui de la bonne conscience » Sénèque

Compassion

Longtemps associé aux maitres bouddhistes, ce mot me paraissait réservé aux personnes douées de capacités méditatives. J’ai décidé d’adopter cette posture car elle me parait adaptée pour faire croitre la tolérance. En coaching j’utilise souvent le changement de positions perceptuelles avec mes clients. Dans cette crise que nous vivons, je la pratique pour comprendre les personnes atteintes du virus, leurs proches, les personnels soignants, les médecins, les parents, les jeunes, et tous ceux qui sont en première ligne. Je ne suis pas d’accord avec la plupart des décisions. Avec la compassion, je me suis même demandée comment je ferais, moi, si j’étais aux commandes et recevais des attaques, des critiques, des menaces. J’enseigne le leadership et je sais qu’on ne peut pas faire l’unanimité, surtout quand on est sur le devant de la scène. Me mettre dans les chaussures de l’autre pour ressentir ce qu’il vit m’aide à avoir de la compassion, à augmenter mon seuil de tolérance.
« Nous devons façonner notre esprit jusqu’à ce que notre intérêt pour le bien-être d’autrui s’éveille » Dalaï Lama

Ecoute 

Un de mes mots favoris. Une méthode active que je transmets dans mes enseignements à la communication. Dans cette technique, j’y trouve de l’accueil, de la bienveillance, de la tolérance, et surtout de la compréhension. Je crois que si on arrivait à s’écouter réellement dans ce qui est dit, dans ce qui n’est pas dit, on pourrait grandement favoriser les relations humaines et certainement éviter de nombreux conflits. S’écouter pour se comprendre ouvre un climat de confiance, de considération et de tolérance humaniste. J’ai remarqué encore récemment avec une maman désemparée pour ses enfants, à quel point l’écoute lui avait permis de reprendre des forces. J’écoute ce que je ressens et ce qui me parait juste, c’est une attitude que je continuerais d’adopter.
« L’écoute ouvre sur une richesse autre, sur le plaisir de l’échange, de la rencontre » Alfred Vanesse

Simplicité

Le départ de Pierre Rabhi m’a rappelé son fabuleux essai sur la sobriété heureuse. La consommation exponentielle, une planète en danger, le vivant menacé, et un projet de société transhumaniste m’effraient. Chacun veut être heureux mais peut-on l’être réellement dans une société de compétition, de consommation, de contrôle, de statut social ? Mon enfance à la campagne et ma vie dans la nature m’ont souvent ramenée au strict nécessaire. Dans la simplicité se trouvent la magie de l’instant, le naturel, le spontané, véritables enseignements pour découvrir que la vie est belle, et la vivre.
« Le vrai nom de l'amour est la simplicité » Christian Bobin

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