Pourquoi certaines femmes très compétentes ne deviennent pas directrices ?

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Devenir directrice : ce qui bloque vraiment (au-delà des compétences)

Un plafond de verre ne fait pas toujours de bruit. Il se glisse dans un détail, une phrase, un silence… et finit par orienter une trajectoire, votre trajectoire professionnelle.

Sur le terrain, certaines femmes avancent avec constance, expertise et engagement. Et pourtant, l’accès à des postes de direction reste en suspens.

J’observe aussi une autre dynamique : la tentation d’ajouter un diplôme, un titre, une certification. Comme si cela allait sécuriser leur légitimité.
Dans les faits, la bascule se joue ailleurs : dans la manière de se positionner, de s’exprimer, d’occuper l’échange.

Compétence vs évolution professionnelle : un décalage souvent invisible

J’accompagne régulièrement des femmes comme Delphine, Rachel ou Marion (prénoms modifiés, situations issues de réalités professionnelles que je relie pour en faire apparaître les mécanismes).

Delphine est inscrite au tableau d’avancement, mais choisit de ne pas le rendre visible.
Rachel vise un poste de directrice, tout en parlant encore comme une cheffe de projet, avec un “on” flou.
Marion, déjà DRH, explique beaucoup, consulte, mais peine à faire suivre ses décisions.

Trois trajectoires.
Un même point : leur position réelle n’est pas clairement perçue dans le système.

L’évolution professionnelle ne dépend pas uniquement d’un niveau de compétence.
Elle repose sur la capacité à rendre visible sa trajectoire, ses intentions, ses réalisations.

Quand cela reste implicite, l’évolution reste hypothétique.

Affirmation de soi : une présence qui ne s’impose pas encore

Dans les interactions, certains signaux passent inaperçus… mais structurent la perception.

Une idée posée sans être incarnée. Une prise de parole qui reste prudente. Une décision suggérée plutôt qu’énoncée.

Dans certains environnements, s’affirmer peut être associé à une prise de risque : peur d’être jugée, de déranger, de “trop en faire”.

Alors la posture s’ajuste et devient mesurée, contenue au point de devenir peu lisible. S’affirmer ici ne signifie pas s’imposer, mais prendre sa place.

Communication : le langage qui positionne

Le langage agit comme un marqueur immédiat de rôle.

“J’ai suivi”, “on a mis en place”, “j’ai coordonné”…
Ces formulations décrivent une action, mais pas une position de direction.

Dire “je décide”, “j’arbitre”, “je cadre” ne produit pas le même effet. Qu’en pensez-vous ?
Ce n’est pas une question de vocabulaire… mais de place occupée dans l’échange.

Le flou peut aussi se retrouver dans la relation au N+1 : des échanges cordiaux, encourageants… mais peu engageants.

“On verra”, “c’est une piste”, “continue comme ça”. Or, sans clarification, la trajectoire reste vague.

Ce qui peut évoluer concrètement

Devenir directrice suppose de rendre visibles ses intentions et ses réalisations, ses résultats, sa vision, et de clarifier les règles du jeu dans les échanges clés : où va-t-on ensemble ? Avec qui ? Avec quels moyens ? En combien de temps ?

Ce ne sont les ajustements de posture dans la relation – notamment lors des entretiens ou des réunions - qui vont permettre de clarifier l’évolution professionnelle et sa place.

Ce qui se travaille réellement

Ces dynamiques ne sont pas toujours visibles seules. Elles apparaissent dans le détail des échanges, dans les micro-décalages.

C’est là que j’interviens, avec plusieurs outils, et une même méthode : l'approche communicationnelle.


Une clé simple à observer

Lors de votre prochaine réunion, écoutez-vous :
parlez-vous de ce que vous faites… ou de la direction que vous donnez ?

 

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